Si je vous dis "puerh", à quoi pensez-vous ? A une galette, une infusion extrêmement dense et riche en saveurs tourbées rappelant une écurie ? Vous n'auriez pas tort : c'est d'abord ainsi que la grande famille des thés post-fermentés s'est faite connaître en Europe. Qu'il s'agisse des briques consommées en Union Soviétique ou des soucoupes redécouvertes en Chine dans les années 1990 puis portées aux nues par les collectionneurs, le puerh s'aborde parfois plus comme un concept qu'un plaisir en tasse. Au bout du processus de fabrication, on fait en sorte que le thé conserve une humidité résiduelle qui va lui permettre de mûrir au fil du temps : c'est la fermentation qui, comme pour un bon vin, donne de
Nous vivons une époque bénie pour les amateurs de thé : un nouveau salon ou une nouvelle boutique semble ouvrir à chaque coin de rue, offrant toujours plus de diversité et de choix. Nous sommes ravis de pouvoir découvrir une nouvelle gamme, la comparer à celles que nous connaissons déjà, enfin exprimer notre préférence. Evidemment, agir de la sorte n'a de sens qu'en partant du principe que les mélanges proposés par une enseigne lui sont propres. Alors que se passe-t-il quand on découvre qu'une marque revend les mélanges d'une autre marque ? Cela ne devrait pourtant pas nous étonner : fabriquer du thé parfumé nécessite un équipement et un savoir-faire à la fois technique et coûteux que seules peu de maisons
C’est par un heureux hasard que j’ai poussé la porte de ce temple du thé de l’Orient français. A la faveur de la nuit tombante, l’intérieur s’auréolait d’une douce lumière qui soulignait théières et autres jarres pleines de promesses ; et sur la vitrine, l’inscription « thé de roche »… Comment résister ? Immédiatement, c’est la taille humaine de la boutique qui m’a plu : la décoration est celle d’une maison raffinée avec des meubles en bois ouvragés où de larges fauteuils invitent à prendre son temps, tandis que les objets semblent avoir été disposés par un collectionneur amoureux plus qu’au nom d’une quelconque logique de vente. Petit comptoir à droite, table de dégustation à gauche, séparé par les étagères d’ustensiles, le reste de l’espace donnant
Tea & Ty, c’est la maison qui a sauvé ma journée à Rennes.  Après Tcha House exceptionnellement fermée, l’heure du déjeuner sonne et toutes les boutiques ferment leurs portes… Sauf dans le repaire de Gwénolé Coppel, qui propose des tartes salées aussi savoureuses que roboratives et des gâteaux à se damner – le tout accompagné d’un thé bien entendu ! Des plateaux chargés de mini-boîtes sont à disposition pour faire son choix parmi les mélanges parfumés (très drôle à plusieurs, comme un Memory mouvant), tandis que les origines nature se découvrent au comptoir. Le calme et la douceur du maître des lieux se reflètent partout : dans l’espace sobre et accueillant, la décoration discrète mais pleine d’humour, les livres sur le thé à
Paris regorge aujourd’hui de tant de salons et de boutiques de thé que le choix devient parfois un embarras. Si j’aime butiner ici et là, je m’en tiens également à deux ou trois maisons auxquelles je fais pleinement confiance pour la qualité de leur sélection et leur capacité renouvelée à me faire rêver. Et Neo T trouve sans peine une place sur ce podium grâce à de solides atouts. Pousser la porte de cette boutique au seuil du fourmillant quartier Montmartre, c’est entrer dans un cabinet de curiosités. Céramique, terre cuite, fonte, verre, bois sous toutes leurs formes d’ustensiles, avec pour point commun leur élégance et leur élection par l’œil avisé de Valérie Stalport. Son caractère et son expertise transparaissent surtout
Excursion rive gauche pour une fois, pour découvrir une jeune maison de thé dotée d’un nom latin et d’un dromadaire pour enseigne : Lupicia. A l'entrée de cette rue émaillée de jolies choses raffinées, la boutique tire bien son épingle du jeu des maisons de thé parisiennes. C’est d’abord la clarté et la pureté de l’espace qui m’ont frappée. Teintes lisses de blanc et de bois qui soulignent les produits bien rangés : c’est calme, c’est zen, ça ressemblerait presque à Muji… Normal pour une enseigne japonaise créée en 1995. On prend son temps (surtout quand on peut tout sentir !) : le service est aux petits soins mais discret, avec un profil de vendeurs plus que de passionnés mais très efficaces et bien informés.
Unami, c’est LA bonne raison de prendre un train. A 1h de Paris, au cœur du sympathique vieux quartier de la ville, une oasis de thé. Je qualifierais le lieu d’exhaustif avant tout. La boutique est divisée en deux espaces égaux : le premier est réservé à la vente, avec le comptoir de vrac et les étagères d’accessoires, où la variété des modèles n’a d’égal que leur qualité. Traditionnels ou modernes (parfois hybrides !), alliant sobrement l’utile à l’esthétique. J’y ai vu de nombreux objets que je n’avais jamais croisé auparavant ; même si les prix se situent dans le haut du panier, c’est appréciable de pouvoir trouver autant de bonnes choses dans un seul lieu. La carte des thés ferait quant à elle pâlir n’importe
C’est non loin de la galerie des Sélènes, reconnue pour sa sélection de céramiques et d’objets à thé, que Tamatebako a ouvert ses portes en 2015. Alors que je visitais les rues avoisinantes, le son caractéristique d’une belle machine à expresso m’arrêta, aussitôt suivi du parfum enivrant de l’arabica fraîchement moulu. Je m’attendais à un coffee shop discret à la façon parisienne et fus surprise de découvrir un espace large et accueillant : un haut plafond où les sons habitent sans assourdir, d’amples tables rondes permettant de prendre ses aises, ainsi que la pièce maîtresse – un vaste comptoir de 200 thés et infusions. Classés comme des éléments chimiques, chaque boîte en bois porte une lettre clé (V pour thé vert, R
C’est dans l’inévitable rue des Bains que se loge cette petite boutique qui embaume à la ronde. Mais, comme le sac de Mary Poppins, elle renferme beaucoup plus qu’il n’y paraît ! Une foule de petites merveilles y est bien ordonnée : boîtes, ustensiles, vaisselle traditionnelle ou moderne… De bien jolis objets à des prix honnêtes. Bien que le commerce propose également des macarons, du café et du chocolat en se démarquant ainsi de Léopold, c’est le thé qui reste au centre de son activité. Avec une sélection raisonnée d’environ soixante références (de mémoire), chaque envie ou besoin y trouve son compte sans devoir se confronter à un choix excessif. Fraîcheur, gourmandise et relaxation sont représentées avec les thés et les tisanes parfumées,
Le thé présenté en sachets individuels suscite instinctivement des réactions peu flatteuses : au mieux une indifférence assumée pour le produit au profit de l'emballage pratique, au pire un refus catégorique teinté de suspicion voire de dégoût. Alors que les fameux petits sachets jaunes étaient omniprésents il y a quelques années à peine, ils ont subi une diabolisation qui a éclaboussé tous leurs cousins emballés. En cause, les industriels indélicats qui rempliss(ai)ent les mousselines de poussière de thé, c'est-à-dire des résidus de feuilles de thé ramassés dans les machines trieuses. Sans aller jusque-là, il est certain que pour répondre à la production d'un produit de masse à un prix abordable pour le consommateur, le thé utilisé relève de la plus basse