Darjeeling First Flush Puttabong

Darjeeling est sans doute l’origine de thé la plus réputée : ancienne résidence d’été des colons de l’Empire britannique, cette région enclavée sur les premières hauteurs de l’Himalaya entre le Népal, le Bhoutan et le Bangladesh produit des thés connus pour leur goût rappelant celui du muscat. Du thé amer du matin aux “first flush” qui font l’événement chaque année, Darjeeling est omniprésent dans nos tasses.

Aujourd’hui, nous avons choisi de comparer deux récoltes de printemps (les fameuses “first flush”) du jardin de Puttabong — une de l’an dernier et une de cette année.
On entend souvent que ces premières récoltes, prisées pour leur fraîcheur, perdent tout intérêt quelques mois plus tard et doivent donc être consommée très rapidement. Il est exact que le profil du thé va changer au fil du temps puisqu’il continue de s’oxyder au contact de l’air, mais cela ne signifie pas forcément qu’il est moins bon !

Nos First Flush Puttabong 2014 et 2015 proviennent de deux fournisseurs différents mais ont été conservés dans les mêmes conditions optimales.

La première étape est d’observer les feuilles sèches (c’est souvent la seule chose à laquelle vous ayez droit en boutique). La récolte 2014 montre des feuilles allant du vert petit pois au brun écorce en passant par un foncé indéfinissable, tandis que la récolte 2015 possède une majorité de nuances vertes malgré quelques reflets bruns, et même des bourgeons. La proportion des couleurs donnent des indices sur le résultat en tasse (plus ou moins végétal ou boisé), mais la fraîcheur se juge à la texture des feuilles : celles de 2014 est visiblement sèche avec une très fine couche de poussière blanche, tandis que celle de 2015 a un aspect soyeux qui flatte encore le grain des feuilles. Vous pouvez remarquer la même différence avec le chocolat.

Les deux infusions sont dorées, la plus ancienne étant aussi la plus foncée car les tanins, qui donnent dictent l’intensité de la couleur, se développent avec l’oxydation.
Au goût, les deux thés possèdent la même saveur douce et sucrée qui rappelle l’amande sèche ; c’est une caractéristique du jardin de Puttabong qui se retrouve aussi dans le thé vert qui y est produit. Mais la version 2014 développe une note de pois chiche tandis que celle de 2015 reste gourmande avec une tonalité pralinée. Ces associations organoleptiques font appel à la mémoire de chacun et restent donc très personnelles, mais en général la récolte récente sera la plus claire et la plus facilement identifiable, tandis que les saveurs de la récolte précédente seront plus mates.

C’est malheureusement quelque chose de très difficile à apprécier juste en sentant les feuilles sèches, car l’odorat est saturé par la poussière qui se dégage de ces feuilles qui ont subi le moins de traitement possible (donc pas de dépoussiérage notamment). Seule l’expérience vous permettra de savoir quelle récolte, de quelle fraîcheur, de quel jardin, conviendra le mieux à votre envie du moment.

Lauren PASCAULT
Lauren PASCAULT
Passionnée de thé et formatrice.